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| BULLETIN DROIT DES SOCIETES N° 104 JANVIER 2006 |
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Sommaire
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- Loi de finances pour 2006 et Loi de finances rectificative pour 2005
- Date d'effet fiscal des opérations de dissolution sans liquidation
- Attribution gratuite d'actions
- Code de la déontologie des commissaires aux comptes
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| JURISPRUDENCE |
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CESSION DE TITRES SOCIAUX
- Effets d'une promesse de vente
SOCIETES NON COMMERCIALES
- Défaut d'immatriculation d'une société civile dissoute, constituée avant 1978
QUESTIONS DIVERSES
- Durée de la faillite personnelle
- Mission d'un commissaire aux comptes
- Apport partiel d'actif et action en justice
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Actualité du mois de décembre 2005
E D I T O
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L'attention des lecteurs est attirée sur la Loi de finances pour 2006 et la Loi de finances rectificative pour 2005 qui modifient fondamentalement le régime des plus-values de cession de titres.
A terme, les plus-values de cession de titres seront totalement exonérées d'impôt sur le revenu (actuellement 16 %) et ne subiront plus que les prélèvements sociaux (11 % à ce jour).
Par ailleurs, l'attribution d'actions gratuites aux salariés et mandataires sociaux donne lieu désormais à une formalité obligatoire auprès des organismes de recouvrement en matière de charges sociales. Le non-respect de cette formalité déclarative entraînera la perte de l'exonération des cotisations sociales.
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Loi de finances pour 2006 et Loi de finances rectificative pour 2005
Comme chaque année, la Loi de finances pour 2006 (Loi n° 2005-1719 du 30 décembre 2005) et la Loi de finances rectificative pour 2005 ont apporté de nombreuses nouveautés en matière fiscale.
Nous avons sélectionné les deux principales mesures adoptées ayant des incidences en droit des sociétés et pouvant intéresser nos lecteurs :
1 - Exonération progressive des plus-values de cession de valeurs mobilières réalisées par des particuliers
Selon le régime antérieur, les plus-values de cession de valeurs mobilières réalisées par les particuliers étaient soumises à une imposition forfaitaire de 27% (16% au titre de l'impôt sur le revenu et 11% au titre des prélèvements sociaux) quel que soit le nombre d'années de détention.
A compter du 1er janvier 2006, pour la plupart des titres (sauf SICAV et titres de sociétés à prépondérance immobilière notamment), il est institué un abattement sur le montant de la plus-value imposable lorsque les titres cédés ont été détenus depuis plus de cinq ans. Cet abattement est d'un tiers lorsque les titres ont été détenus six ans, de deux tiers lorsqu'ils ont été détenus 7 ans et de 100% au delà de huit ans.
En conséquence, les plus-values sur les titres détenus depuis plus de huit ans sont totalement exonérées d'impôt sur le revenu (16%). L'abattement n'a pas d'incidence sur l'assiette des prélèvements sociaux. Ces plus-values restent donc imposées au taux de 11%.
Le délai de détention se décompte à partir du 1er janvier 2006. Les premiers abattements s'appliqueront donc en 2012.
Par exception, ce dispositif est applicable immédiatement aux dirigeants de PME qui cèdent leurs titres pour partir à la retraite. Les abattements mentionnés ci-dessus sont acquis si le cédant a exercé une fonction de direction et a détenu au moins 25% du capital de la société dont les titres sont cédés, de manière continue pendant au moins les cinq années précédant la cession. Les titres doivent évidemment avoir été détenus depuis au moins six ans au jour de la cession.
2 - Aménagement du régime des sociétés mères et filiales
Le régime mère et filiale permet à une société détenant au moins 5% du capital et des droits de vote d'une autre société d'être exonérée d'impôt sur les sociétés sur les produits de ces titres (essentiellement les dividendes) à l'exception d'une quote-part de frais et charges de 5% du montant des produits perçus qui reste imposable.
Les actions de préférence créées par l'ordonnance du 24 juin 2004, qui peuvent être sans droits de vote ou avec des droits de vote réduits, ne bénéficiaient donc pas de ce régime mère et filiale.
La loi de finances rectificative pour 2005 a étendu ce régime aux actions de préférence sans droit de vote dès lors que la société mère détient, par ailleurs, au moins 5% du capital et des droits de vote de sa filiale. En ce cas, le régime mère et filiales s'applique aussi aux produits provenant des actions de préférence. |
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Date d'effet fiscal des opérations de dissolution sans liquidation
Dans une instruction fiscale en date du 30 décembre 2005 (4 I 1-05) sur les fusions et les opérations assimilées, l'administration fiscale a modifié la date d'effet fiscal des opérations de dissolution sans liquidation.
Auparavant, la date d'effet fiscal était, en principe, la date de la décision de dissolution prise par l'associé unique sauf effet rétroactif ou différé. En revanche, la date d'effet juridique et comptable intervenait à l'expiration du délai d'opposition des créanciers soit en principe, à l'expiration d'un délai de trente jours suivant la publication de la décision de dissolution.
Désormais, la date d'effet fiscal d'une telle opération est aussi fixée à l'expiration du délai d'opposition des créanciers. La possibilité d'un effet rétroactif est maintenu sur le plan fiscal. En revanche, tout effet différé fiscal est désormais interdit. |
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Code de déontologie des commissaires aux comptes
Le décret n° 2005-1412 du 16 novembre 2005 porte approbation du code de déontologie de la profession de commissaire aux comptes et s'impose à tout commissaire aux comptes, quel que soit son mode d'exercice.
JO du 17 novembre 2005 – page 17925 |
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| Cession de titres sociaux
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Effets d'une promesse de vente
Dans un acte unique, une personne s'était engagée à céder et l'autre à acheter, à une date fixée, 150 actions d'une société au prix définitif de 140.000 francs. La Cour d'appel d'Aix-en-Provence avait refusé de prononcer l'exécution forcée de cet engagement en retenant qu'il constituait un échange de promesses unilatérales de vente et d'achat devenues caduques à l'expiration du délai imparti à chacune des parties pour lever l'option.
Cet arrêt est cassé au motif que l'échange d'une promesse unilatérale d'achat et d'une promesse unilatérale de vente réalise une promesse synallagmatique de vente valant vente définitive dès lors que les deux promesses réciproques ont le même objet et qu'elles sont stipulées dans les mêmes termes.
Cass. Com. 22 novembre 2005 Source : Bulletin Rapide de Droit des Affaires – n° 24/05 – page 6 |
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| Sociétés non commerciales |
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Défaut d'immatriculation d'une société civile dissoute, constituée avant 1978
Le liquidateur d'une société civile dissoute en 1990 avait poursuivi un ancien associé en paiement de sa quote-part du passif social. Ce dernier avait alors invoqué que la société, qui n'avait pas été immatriculée avant le 1er novembre 2002, n'avait plus d'existence légale et que la demande ne pouvait donc pas aboutir.
Au contraire, la Cour de cassation a jugé que la société avait conservé sa pleine capacité juridique pour poursuivre, par l'intermédiaire de son liquidateur, le recouvrement de sa créance. Dissoute en 1990, la société n'était pas soumise à l'obligation d'immatriculation instaurée postérieurement et sa personnalité morale subsistait donc pour les besoins de sa liquidation.
Cass. Civ. 9 novembre 2005 Source : Bulletin Rapide de Droit des Affaires – n° 23/05 – page 2 |
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Durée de la faillite personnelle
Il résulte de cet arrêt, pris en application de la loi de sauvegarde des entreprises du 26 juillet 2005 prévoyant que la faillite personnelle et l'interdiction de gérer sont désormais limitées à quinze ans, que les personnes qui sont actuellement frappées de sanctions personnelles d'une durée supérieure à quinze ans sont automatiquement réhabilitées. Elles n'ont pas besoin de demander en justice le relèvement de leurs déchéances et interdictions.
Cass. Com. 29 novembre 2005 Source : Bulletin Rapide de Droit des Affaires – n° 24/05 – page 5 |
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