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03/02/2026

Droit des sociétés  -  Anticiper juridiquement les enjeux de gouvernance dans le secteur viticole 

Le secteur viticole occupe une place singulière dans l’économie et le patrimoine culturel français. À la croisée de l’agriculture, de l’industrie et du commerce international, il est confronté à des enjeux de gouvernance complexes comme en témoigne l’actualité récente, renforcés par la diversité des structures d’exploitation, la transmission souvent familiale des domaines et un environnement réglementaire dense. Dans ce contexte, le rôle d’un avocat spécialisé apparaît essentiel pour accompagner les acteurs de la filière dans la structuration, la sécurisation et la pérennisation de leur gouvernance. 

Anticiper juridiquement les enjeux de gouvernance dans le secteur viticole 

Des structures variées, des enjeux de gouvernance spécifiques 

Les exploitations viticoles peuvent prendre des formes juridiques très diverses : exploitation individuelle, GAEC, EARL, SCEA, sociétés commerciales ou encore coopératives. À cette diversité s’ajoutent des situations humaines souvent sensibles, marquées par la coexistence de plusieurs générations, l’entrée d’investisseurs extérieurs ou la collaboration entre associés aux profils très différents (exploitants, financiers, héritiers non exploitants). 

Ces configurations génèrent des enjeux majeurs de gouvernance : répartition du pouvoir de décision, articulation entre propriété du foncier et exploitation, équilibre entre vision patrimoniale et impératifs économiques, ou encore prévention des conflits entre associés. À défaut d’anticipation, ces tensions peuvent fragiliser l’exploitation, freiner son développement ou conduire à des contentieux longs et coûteux. 

Transmission et continuité de l’exploitation 

La transmission constitue l’un des défis centraux du secteur viticole. Le passage de relais entre générations, souvent chargé d’affectif, soulève des questions juridiques complexes : choix du mode de transmission (donation, cession, démembrement), traitement égalitaire ou différencié des héritiers, maintien de l’unité du domaine et continuité de la gouvernance. 

L’intervention en amont d’un avocat, dans une logique de conseil stratégique, permet de structurer juridiquement la transmission. Cela passe par l’aménagement des statuts (majorités, répartition des droits de vote, durée des mandats…), la rédaction de pactes d’associés, la mise en place de holdings ou de mécanismes de contrôle adaptés, tout en optimisant les aspects fiscaux et successoraux dans le respect de la réglementation. 

Là où les statuts posent un cadre général, le pacte d’associés entre dans le détail et fixe des règles concrètes adaptées à la réalité humaine et patrimoniale de l’exploitation. Il permet notamment de déterminer qui détient réellement le pouvoir de décision, comment sont tranchées les grandes orientations et dans quelles conditions un associé peut vendre ses droits sociaux. En définissant ces règles lorsque les relations sont encore sereines, le pacte évite que les tensions personnelles ne se transforment en blocages juridiques et économiques. Il apporte ainsi de la visibilité, de la sécurité et de la stabilité à la gouvernance du domaine sur le long terme. 

Gouvernance, conformité et responsabilité 

Le secteur viticole est soumis à un cadre normatif exigeant : droit rural, droit des sociétés, réglementation des appellations, droit de l’environnement, droit du travail, conformité sanitaire et obligations liées à la commercialisation, notamment à l’export. La gouvernance doit intégrer ces contraintes afin de limiter les risques juridiques et réputationnels. 

En qualité d’avocats, nous accompagnons les exploitations et groupes viticoles dans la mise en conformité de leurs pratiques, l’identification des responsabilités des dirigeants et la sécurisation des processus décisionnels. Nous intervenons également en matière de gestion des risques, notamment en cas de contrôle administratif, de litige commercial ou de mise en cause de la responsabilité civile ou pénale des dirigeants. 

Prévention et gestion des conflits 

Les conflits entre associés, membres d’une famille ou partenaires commerciaux peuvent mettre en péril l’équilibre d’un domaine viticole. Une gouvernance mal définie ou des règles insuffisamment formalisées en sont souvent la cause. Le rôle de l’avocat ne se limite pas au contentieux : il s’inscrit aussi dans une démarche de prévention, par la rédaction d’accords clairs, de clauses de sortie, de mécanismes de résolution amiable des différends. 

Anticiper juridiquement les conflits, ce n’est pas se méfier de ses proches ou de ses associés, c’est protéger l’exploitation, son patrimoine et sa pérennité .

Lorsque le conflit est avéré, l’avocat intervient pour défendre les intérêts de son client, tout en privilégiant, lorsque cela est possible, des solutions négociées permettant de préserver l’activité et les relations humaines, essentielles dans ce secteur. 

Un accompagnement stratégique au service de la pérennité 

Face aux mutations économiques, climatiques et sociétales, la gouvernance des structures viticoles doit évoluer. L’expertise juridique globale d’un cabinet d’avocats ainsi que sa vision stratégique, permettent aux acteurs du secteur de sécuriser leurs décisions, d’anticiper les risques et de construire des modèles de gouvernance adaptés à leurs ambitions. 

En combinant conseil, accompagnement opérationnel et défense des intérêts, l’avocat devient un partenaire clé de la filière viticole, au service de sa stabilité, de sa performance et de sa transmission dans le temps. 


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