Les paris sportifs ne cessent de gagner en popularité à travers le monde.
Le produit brut des jeux issus des paris sportifs devrait atteindre 123 milliards d’euros en 2025, soit une hausse de 5 % par rapport à l’année précédente. Aux États-Unis, le secteur des paris sportifs devrait, à lui seul, générer un chiffre d’affaires record d’environ 14,5 milliards d’euros (17 milliards de dollars) en 2025.
La répression britannique des parrainages liés aux jeux d’argent
Au Royaume-Uni, un ensemble de nouvelles règles et de mesures de régulation plus strictes est progressivement mis en place afin de protéger les citoyens contre les risques liés aux paris sportifs et, plus largement, aux jeux d’argent.
En 2023, les 20 clubs de Premier League ont collectivement convenu de retirer, les jours de compétition, les parrainages de sociétés de jeux d’argent figurant sur le devant de leurs maillots. Pour la saison 2025/2026 en cours, 11 clubs arboraient encore les logos de sociétés de jeux d’argent sur le devant de leurs maillots, notamment Crystal Palace avec Net88, Fulham avec SBOTOP et Wolverhampton Wanderers avec DEBET.
Les sociétés de jeux d’argent demeureront autorisées à faire de la publicité sur les manches des maillots, les tenues d’entraînement et les panneaux publicitaires en bord de terrain. La Premier League espère toutefois que cette réduction de visibilité contribuera à limiter les effets négatifs de ces parrainages sur le public.
Neuf clubs de Premier League n’ont pas encore conclu d’accord de sponsoring pour la saison 2026/2027, et trois autres n’ont pas encore signé de contrat. Dans un championnat extrêmement compétitif et financièrement très lucratif, ces accords de sponsoring sont déterminants pour la pérennité économique des clubs, en particulier pour ceux qui ne font pas partie du « Big 6 ».
À l’inverse, l’English Football League (EFL) n’a, à ce stade, pas interdit le sponsoring par des opérateurs de jeux d’argent. SkyBet demeure le sponsor principal du Championship, de la League One et de la League Two pour les trois prochaines années.
Le 23 février 2026, le gouvernement britannique a annoncé le dépôt d’un nouveau texte visant à interdire aux opérateurs de jeux d’argent non titulaires d’une licence délivrée par l’autorité compétente de sponsoriser des clubs sportifs, dans le cadre d’un ensemble plus large de mesures destinées à lutter contre le marché illégal des jeux d’argent. Un nouveau groupe de travail intersectoriel doit être mis en place afin de collaborer avec les plateformes de réseaux sociaux, les établissements bancaires et les forces de l’ordre pour mieux protéger les amateurs de sport contre les risques de préjudice liés aux jeux d’argent.
La secrétaire d’État à la Culture, Lisa Nandy, a déclaré : « Lorsqu’ils parient sur un grand match, les supporters doivent pouvoir s’assurer que les sites qu’ils utilisent sont dûment réglementés et dotés de mécanismes de protection adéquats. »
Celle-ci a ajouté : « Il n’est pas acceptable que des opérateurs de jeux d’argent dépourvus de licence puissent sponsoriser certains de nos plus grands clubs de football, renforçant ainsi leur visibilité et attirant potentiellement les supporters vers des sites qui ne respectent pas nos normes réglementaires. »
Le texte n’a pas encore été adopté et plusieurs modalités pratiques doivent encore être précisées, notamment la manière dont le groupe de travail coopérera concrètement avec les réseaux sociaux, les établissements bancaires et les forces de l’ordre.
La Commission des paris et des jeux d’argent a récemment publié une étude révélant que le marché noir des jeux d’argent avait généré près de 19,6 milliards d’euros (17 milliards de livres sterling) de mises en 2025, soit une augmentation très significative par rapport aux 5,7 milliards d’euros (5 milliards de livres sterling) enregistrés en 2019, correspondant à une hausse d’environ 240 %.
Les mesures françaises en vue de la Coupe du monde
En France, de nouvelles règles sont mises en place en vue de la Coupe du monde. L’Autorité nationale des jeux (ANJ), encourage les chaînes de télévision à limiter la diffusion de publicités pour les jeux d’argent.
M6 et beIN Sports, détenteurs des droits de diffusion de la Coupe du monde, ont annoncé qu’elles n’autoriseraient aucune publicité pour les jeux d’argent pendant les écrans publicitaires diffusés au cours des matchs.
L’ANJ a par ailleurs constaté que les opérateurs de paris avaient augmenté leur budget promotionnel de 25 % pour 2026, ce qui s’explique par un calendrier sportif particulièrement chargé. Elle a demandé aux opérateurs de ne pas dépasser ces budgets et leur a rappelé qu’il est interdit de faire de la publicité pour des offres de paris illégaux ou pour des casinos en ligne, lesquels sont prohibés en France.
L’ANJ avait précédemment recommandé l’instauration d’une interdiction de publicité « du coup d’envoi au coup de sifflet final » lors des événements sportifs, prévoyant que toute publicité pour les jeux d’argent serait proscrite de cinq minutes avant le coup d’envoi jusqu’à cinq minutes après le coup de sifflet final. Il reste à déterminer si cette recommandation sera reprise par le législateur ou par le régulateur dans un dispositif contraignant.
États-Unis et marchés de prédiction
Aux États-Unis, les marchés de prédiction connaissent un essor préoccupant. Des entreprises telles que Kalshi et Polymarket permettent aux utilisateurs de prendre position sur la réalisation d’événements réels déterminés en négociant, entre eux, des contrats conditionnels dont le règlement dépend de l’issue de ces événements.
Les événements sur lesquels les utilisateurs peuvent négocier des contrats sont extrêmement variés. « Jésus-Christ reviendra-t-il avant la fin de 2027 ? », « Combien de fois Elon Musk tweetera-t-il cette semaine ? » ou encore « Les États-Unis confirmeront-ils l’existence d’extraterrestres avant la fin de 2024 ? » sont quelques exemples de marchés, le dernier ayant généré à lui seul 2,7 millions de dollars de mises.
Bien entendu, des marchés de paris sportifs plus traditionnels sont également proposés sur ces plateformes, ce qui suscite d’importantes controverses. Plusieurs entités ont engagé de nombreuses actions et contestations judiciaires à l’encontre de Kalshi et Polymarket, soutenant qu’elles exploitent des activités de jeux d’argent sans disposer des licences requises.
À ce jour, au moins trois juges se sont prononcés défavorablement à l’égard de certains marchés de prédiction, tandis que d’autres juridictions ont estimé que les marchés de paris sportifs proposés constituaient une forme particulière de contrat autorisée par le droit fédéral. Plusieurs praticiens spécialisés en droit des jeux d’argent considèrent qu’il est probable que cette question soit portée devant la Cour suprême des États-Unis au cours de l’année prochaine.
Il convient de souligner que Polymarket et Kalshi sont actuellement interdites au Royaume-Uni et en France en raison de l’absence de licences délivrées par les autorités compétentes, alors qu’elles sont autorisées dans d’autres États européens, tels que l’Autriche.
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