Le football français confirme sa position de laboratoire privilégié pour la multipropriété (Multi-Club Ownership - MCO).
Le FC Annecy s'apprête à franchir un cap historique en intégrant la structure V Sports(1), le fonds d’investissement dirigé par les milliardaires Nassef Sawiris et Wes Edens, déjà propriétaire d'Aston Villa(2).
Les négociations qui ont débuté à l'été 2025, sont aujourd'hui très avancées et le club est désormais en phase de négociation exclusive avec le fonds.
L'accord prévoit l'acquisition de 30 % du capital du club haut-savoyard, marquant une entrée minoritaire mais hautement stratégique. Contrairement à d'autres rachats plus radicaux, cette opération garantit une certaine continuité. Philippe Rey-Gorrez resterait le principal financeur et conserverait, avec le président Sébastien Faraglia, la direction opérationnelle du club. L'entraîneur Laurent Guyot et l'équipe sportive actuelle devraient également rester en place(3).
Si l'accord financier doit être finalisé d'ici peu, la collaboration sportive est, elle, déjà une réalité. Le FC Annecy sert de « couveuse » pour les jeunes talents d'Aston Villa afin de leur offrir du temps de jeu à un niveau compétitif comme la Ligue 2. Cette saison, le club a déjà accueilli en prêt deux défenseurs prometteurs en provenance du club de Premier League : Triston Rowe, international U20 anglais(4), et plus récemment Travis Patterson(5). Le projet est encadré par des figures de renom, notamment Roberto Olabe, directeur du football d’Aston Villa, qui s’est déjà rendu en Haute-Savoie, et la légende Aimé Jacquet, impliqué comme superviseur de la formation.
Ce rapprochement inscrit le FC Annecy dans une tendance lourde du football hexagonal, où la France est devenue le terrain de jeu privilégié des projets de multipropriété. Le club rejoint une liste de plus en plus longue comprenant des exemples célèbres en Ligue 1 et Ligue 2 :
Strasbourg, désormais sous pavillon BlueCo (propriétaire de Chelsea) ;
Lorient, lié au club anglais de Bournemouth.
D'autres structures comme Lyon (Eagle Football), Nice (Ineos) ou le Paris FC (Red Bull) complètent ce paysage où 10 clubs de L1 sur 19 (et 7 clubs de L2 sur 18) sont déjà intégrés à des modèles MCO.
L'arrivée de V Sports offre une stabilité financière indispensable pour pérenniser son projet en Ligue 2 et financer ses infrastructures, comme le futur centre de formation. Si ce modèle de « club satellite » soulève parfois des questions d'autonomie, la direction actuelle mise sur ce partenaire solide pour franchir un palier sans pour autant sacrifier son ancrage local.
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- du département Sport