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05/03/2026

Crise autour de l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver des Alpes françaises 2030

Le Comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver 2030 (« COJOP ») traverse actuellement une crise de gouvernance, marquée par des départs successifs au sein de sa direction (1). Parallèlement, la loi encadrant l’organisation des Jeux fait l’objet d’un recours devant le Conseil constitutionnel (2).

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1. Le COJOP confronté à une crise de gouvernance(1)

Depuis décembre 2025, le COJOP connaît un véritable exode de ses dirigeants. Après le départ d’Anne Murac, directrice des opérations, le 9 décembre 2025, puis celui d’Arthur Richer, directeur de la communication, le 23 janvier 2026, c’est désormais le président du comité des rémunérations, Bertrand Méheut, qui a démissionné le 3 février dernier en dénonçant une « dérive importante » du management sous la présidence d’Edgar Grospiron

Mercredi 11 février, le COJOP a indiqué que des « désaccords insurmontables » opposaient désormais Edgar Grospiron et le directeur général Cyril Linette. Le bureau exécutif du 22 février 2026, a acté le départ de Cyril Linette du COJOP(2).

Deux semaines après le départ de Cyril Linette, Michel Cadot est envisagé pour assurer les fonctions de directeur général par intérim du COJOP. Il exercera ses nouvelles responsabilités aux côtés d’Edgar Grospiron, président du COJOP, jusqu’à la nomination d’un nouveau DG. Sa désignation doit toutefois encore être validée lors du bureau exécutif des Alpes 2030, prévu le jeudi 19 mars 2026(3).

Ces départs successifs posent de sérieuses questions sur la stabilité du comité, moins de quatre ans avant l’ouverture des Jeux.

Face à cette situation, la commission de la Culture, de l’Éducation, de la Communication et du Sport du Sénat a exprimé sa « vive inquiétude » sur la capacité du COJOP à organiser les Jeux d’hiver 2030. Le contexte est d’autant plus critique que la préparation doit s’intensifier à la suite des Jeux de Milan-Cortina 2026.

Dans ce cadre, Edgar Grospironet Pierre-Antoine Molina, délégué interministériel aux Jeux Olympiques et Paralympiques, ont été auditionnés le 25 février 2026 (4). Devant les sénateurs, ils ont tenu à se montrer rassurants, soulignant que les ajustements organisationnels étaient inhérents à ce type de structure. Ils ont également assuré qu’une réorganisation permettrait de fluidifier le travail et de lancer pleinement la préparation des Jeux. Edgar Grospiron a toutefois reconnu que les difficultés rencontrées par le Cojop avaient entraîné des retards dès les premières phases(5).

2. La loi olympique contestée devant le Conseil constitutionnel(6)

Sur le plan juridique, la loi relative à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver des Alpes françaises 2030, définitivement adoptée le 5 février 2026, fait déjà l’objet d’un recours devant le Conseil constitutionnel. Déposée par les députés de la France Insoumise et des Écologistes, la contestation vise plusieurs dispositions, notamment :

  • La participation du public par voie électronique aux décisions impactant l’environnement, jugée insuffisante pour un véritable débat démocratique ;

  • Les mesures de sécurité, incluant l’« interdiction de paraître » sur certains lieux et l’inspection des véhicules par des agents privés, qui soulèvent des questions de liberté individuelle et de principe d’égalité(7) ;

  • L’expropriation de biens pour les villages olympiques, critiquée pour son imprécision et le risque de préjudice aux propriétaires ;

  • La prolongation jusqu’en 2027 de l’expérimentation de vidéosurveillance algorithmique, susceptible de limiter le droit à un recours effectif.

Le Conseil constitutionnel ne s’est pas encore prononcée sur la légalité des dispositions de la loi.


Découvrir les actualités :

(1) Démissions en chaîne, retards, pression populaire... Comment le Comité d'organisation des Jeux d'Alpes 2030 accumule les pépins - franceinfo, 11 février 2026

(2) JO Alpes 2030 : le départ de Cyril Linette avec «séparation à l’amiable» confirmé, 23 février 2026

(3) JO 2030 : Michel Cadot pressenti pour être directeur général par intérim du Cojop des Alpes françaises, 10 mars 2026

(4) Crise du Cojop Alpes françaises 2030 : audition d’Edgar Grospiron et de Pierre-Antoine Molina au Sénat le 25 février | Sénat, le 10 février 2026

(5) Crise du Cojop 2030 : Edgar Grospiron s'explique, le 25 février 2026.

(6) JO 2030 : LFI et les Écologistes saisissent le Conseil constitutionnel sur la loi olympique - Le Club des Juristes, le 13 février 2026

(7) JO d'hiver 2030. Vidéosurveillance, interdiction de paraître... Que contient le volet sécuritaire de la loi olympique ? 18 décembre 2025.